(Manon Villeneuve-Dupuis)
Thomas Villeneuve est le fils de François Villeneuve et de Céleste Tremblay (Romaine). Il naît à Laterrière, le 31 juillet 1865. Il est baptisé le même jour. Son père est un cultivateur de Chicoutimi. Ses parrain et marraine sont François Tremblay, un oncle, frère de Céleste, et son épouse, Louise Gagnon. Personne n’a signé lors du baptême.
À 32 ans, il épouse Marie Eugénie Audet, fille d’Alfred Audet et Mélanie Brisson. Voici ce qu’en dit le registre paroissial : St Jérôme, le 7-1-1897, mariage de Thomas Villeneuve, cultivateur, majeur de François Villeneuve, cultivateur, et Céleste Tremblay, et de Eugénie Audet dit Lapointe, mineure de Alfred Audet dit Lapointe, cultivateur, et Mélanie Brisson. Les témoins au mariage sont François Villeneuve, père, Alfred Audet, père, qui ne signent pas, ainsi que Thomas Villeneuve, le marié, et François Villeneuve, frère du marié, qui signent.
Marie Eugénie est née le 8 juin 1875. Elle a donc 10 ans de moins que son mari. Ils auront 4 enfants : Thomas, qui meurt brûlé, Hélène, et 2 autres dont j’ignore les noms. Thomas meurt de façon tragique et Eugénie se remariera avec son jeune frère, Stanislas, né en 1880. Thomas est le frère de Élie et Auguste Villeneuve, notre ancêtre. Stanislas, un autre frère de l’ancêtre, est de 15 ans plus jeune que Thomas. Il donne son nom (Villeneuve) à une rue de Kénogami. Eugénie Audet est la sœur de Emma Audet, notre ancêtre, épouse de Élie. Les enfants issus de ce trio sont donc les frèrots de Ludger, Héliodore, Sr Ste Ursule, Jeannette, Alma et Rosaire Villeneuve.
Voici l’histoire de Thomas Villeneuve, telle que la racontait mon grand-père Héliodore, celui-ci avait dix ans au mariage de Thomas. Il a donc bien connu cet oncle voyageur. À l’époque où je l’ai transcrite, en 1972, j’ai pris soin de respecter autant que possible sa manière de parler et les mots utilisés. J’essaie ici de vous les rendre tels quels :
« Thomas Villeneuve est parti jeune de chez eux, en chicane avec son père. Il é allé dans le bout de Washington où y’ a probablement trouvé une mine. En tout cas, y’ a trouvé d’l’or : y’ en a vendu. Pendant ce temps-là, son père était à ‘veuille d’être vendu par le sheriff. Ça fait qu’y’ a écrit à Thomas pour y’ expliquer la situation. Alors, Thomas est arrivé. Il a racheté la terre, a pris son père, sa mère à charge avec les 3 plus jeunes qui restaient : Stanislas, Marguerite pis Théodore. Là, avec la terre en bois debout, i’ s’é mis à creuser des fossets pis y’ a été chanceux comme un bâtard : sa terre a pris en feu d’un bout à l’autre. Il ne restait plus rien que les gros arbres qui n’avaient pas pu brûler.
Il a tout fait raser et pis, y’ a semé à’ grandeur (100 acres). Ça fait un scandale : un homme même pas marié qui sème assez pour faire vivre toute la paroisse. Mais, y’ a pris ses céréales, y’ les a fait moudre en farine. Il avait 2 granges ben pleines de sacs de 100 livres de farine. Pis, i’ s’é découvert 2 manufactures (boulangeries). Il a fait d’l’argent en masse. Il s’é marié à Eugénie Audet. Il a eu 2 enfants.
À un moment donné, y’ é tombé malade. Le docteur l’a déclaré tuberculeux. C’était un gars ben vaillant. Y’ a pas voulu l’croire. Il avait toujours tout réussi. Ça fait qu’i a pensé avoir le Bon Dieu comme il avait toujours tout eu. Y’ a pas arrêté de travailler. Il a duré 4-5 ans, j’crois ben. Pis là, forcément, de langueur, il a du arrêter de travailler. Pis, un jour, son garçon jouait dans maison. Ils avaient un poêle à 2 ponts. La braise se jetait dans un panneau. Le petit gars est allé jouer dedans. Ben entendu, son linge a pris en feu, pis lui avec. Quand son père a vu ça, i s’é jeté sur lui pour l’éteindre. Le lendemain après-midi, y’ étaient morts, tous les deux : son garçon brûlé, pis lui, ça l’avait achevé. »
Héliodore Villeneuve,
Montréal-Nord, février 1972
(Arrangements Gabrielle)